(Se) Porter - Hantu (weber+delsaux)
Performance (Se) porter, Paris, 19/20 novembre 2022, Galerie Jour et Nuit,
Durant 2 jours porter sur soi ce qui nous semble nécessaire, des livres, de quoi dessiner, un animal, des plantes, des vêtements, des histoires.
Ce que l’on porte, ce qui nous porte ?
Toute une histoire de l’humanité pourrait être faite à partir du portage (ceux qui portent, ce que l’on fait porter, ce qu’on refuse de porter, la répartition du portage entre dominants of dominés, riches et pauvres…
Sac-à-porter
Porter n’est pas que porter. C’est cette réflexion qui était au cœur de la performance participative (se) porter, conçue par Hantu (Weber + Delsaux), à laquelle j’ai activement participé, y compris dans l’organisation, en novembre 2022. Cette performance, d’une durée de 36 heures, avait pour objectif d’explorer la notion de porter à travers les propositions de plusieurs artistes. Que porte-t-on, et comment se porte-t-on ? Porte-t-on uniquement des objets, ou aussi des éléments intangibles, invisibles mais pesants ? Une consigne traversait toutes les interventions : ne rien laisser au sol. Dans ce cadre, j’ai proposé un dispositif autour du crochet, invitant les participant·es à confectionner des sacs (Figs. 48, 49, 50). Le sac, objet intimement lié à l’acte de porter, devient ici une extension du corps, un espace de passage entre l’intime et le pratique, permettant de transporter ce dont nous avons besoin pour exister au quotidien. Cette proposition ne vient pas seulement de ma pratique du crochet, mais aussi d’une expérience personnelle : celle de la période où j’étais sous la menace d'expulsion du territoire français. À cette époque, je transportais chaque jour, dans mon sac à dos, tous les documents nécessaires à ma demande d’aide juridictionnelle. Pendant ces longues journées, je portais sur moi les preuves censées justifier mon droit de rester, des papiers que je portais, mais qui, eux, ne me portaient pas. Porter devient alors un acte profondément transformateur : il altère le corps, son énergie, son état d’esprit, sa posture.
Ma participation dans ce dispositif a été également pour la partie visuelle. Après la performance, en collaboration avec Pascale Weber nous avons édité une cartographie de cette performance de deux jours. Avec des textes et des images, la carte s'insère dans une pochette, à poter.